Notre regard sur le conflit iranien

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25 mars 2026

Philibert de Rambuteau, Roland de Demandolx

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Pourquoi fuir au son des canons quand on détient des forteresses ?

En octobre 1973, le choc pétrolier plongeait les économies occidentales dans la stupeur. L’embargo arabe paralysait les approvisionnements, les files d’attente s’allongeaient devant les stations-service et le Dow Jones perdait près de la moitié de sa valeur en un peu plus d’un an. Pourtant, ceux restés investis au creux de la vague voyaient le marché regagner tout le terrain perdu, puis entamer l’un des plus longs cycles haussiers de l’histoire financière moderne.

En février 2022, la Russie envahissait l’Ukraine. Deux des premiers exportateurs mondiaux d’énergie et de céréales entraient en guerre ouverte, les scénarios les plus noirs circulaient. Le S&P 500 a depuis progressé de plus de 50 %.

À l’échelle de l’histoire financière, une constante se dégage. Les marchés suivent avant tout la trajectoire des profits, et les crises géopolitiques, aussi bruyantes soient-elles, n’ont que rarement entamé la capacité des entreprises à générer des bénéfices ni altéré durablement la direction des marchés.

Quatre semaines après les premières frappes en Iran, les marchés actions ont corrigé d’environ 10 % sur le CAC 40 et de près de 6 % sur le S&P 500 en dollars, tandis que les taux se sont nettement tendus. Les rendements américains à dix ans dépassent désormais 4,40 % et les français frôlent 3,75 %. Nul ne peut dire quel sera le dénouement de cette crise, ni dans quel délai. Ce que l’on sait, c’est que chaque épisode de ce type a fini par se résoudre et que ceux qui avaient cédé à l’urgence du moment l’ont presque toujours regretté. Certaines des meilleures séances boursières surviennent précisément dans ces phases de stress. Un investisseur qui aurait manqué les cinq meilleures séances depuis 1990 aurait vu ses gains de long terme amputés de 38 %, preuve que c’est précisément dans la tempête qu’il faut rester à bord.

Quelle que soit l’issue de cette crise, elle offre à ceux qui gardent la tête froide l’occasion rare d’acquérir des entreprises de grande qualité à des prix redevenus attractifs. L’objectif reste de bénéficier, comme toujours dans l’histoire des marchés, du prix de leur patience…